Saul Griffith: Hardware solutions to everyday problems
from www.ted.com posted with vodpod
Saul Griffith offers a glimpse into the future with this compelling overview of his works-in-progress and materials-in-progress. The inventor and recent MacArthur awardee shares the inspiration (a droplet of water) behind his low-cost prescription lenses, produced by a machine the size of an inkjet printer. Other projects include Howtoons and Instructables (comics that show how to build things and understand things), “smart” rope that can tell how much it’s carrying, and a house-sized kite for towing boats.
Hyperdistribution
ET voila une version sous-titré en FRAÇAIS, par filipe93
Voici, pour le plaisir de vos yeux, une petite analyse/résumé du sujet.
Le terme « pair-à-pair » désigne un ensemble d’utilisateurs d’Internet qui communiquent par l’intermédiaire d’un protocole (BitTorrent étant le plus utilisé) leur permettant de partager des fichiers informatiques entre eux (films, séries télé, etc.). Plus un fichier est populaire, plus il est accessible et rapide à télécharger auprès des utilisateurs. Ce type de système de distribution est donc décentralisé, les utilisateurs fournissant eux-même le contenu à télécharger. Par opposition, le système centralisé (iTunes entre autre), où les fichiers sont stockés dans un seul serveur central, voit sa vitesse de téléchargement diminuer plus ces fichiers sont en demande.
Dans le cadre du système de télédiffusion traditionnelle, une émission doit trouver son financement auprès d’un producteur. Puis un distributeur vend cette émission à une chaîne de télévision qui cherche à rentabiliser cet achat en vendant de l’espace publicitaire. L’hyperdistribution de ces émissions sur Internet redéfinit la relation entre producteur et publicitaire, car la diffusion se fait à l’échelle internationale et la programmation relève désormais du choix du consommateur.
Dans ce nouveau marché, où l’on parle de « culture de l’instantané », le piratage se révèle être une alternative afin de pouvoir consommer le contenu télévisuel dans l’immédiat, sans interruption publicitaire, et ce, sans avoir à payer. Nonobstant, cette pratique n’est pas uniquement opportuniste, car les internautes enrichissent à leur tour le réseau pair-à-pair de matériel audio-visuel. Le piratage est pratiqué de plus en plus au sein de toutes catégories sociales et non exclusivement par les 18-25 ans, car l’effet d’imitation et de contagion sociale popularise le phénomène. Internet étant un média interactif, le consommateur est devenu diffuseur, voir même producteur des contenus moyennant des frais de réalisation abordables (caméra vidéo, ordinateur, etc).
Les publicistes doivent suivre la nouvelle tendance des consommateurs et en profiter pour diffuser leur message sur Internet. Cependant, la plupart des plateformes pair-à-pair échangent des fichiers piratés ce qui démotive les publicistes à proposer leurs produits par souci d’image de marque. Heureusement, de plus en plus de plateformes légales gagnent en popularité, offrant ainsi une opportunité d’intégrer de la publicité aux fichiers vidéo qu’ils partagent. Afin de ne pas entraver le plaisir de visionnement du consommateur qui autrement chercherait à éviter les publicités, ces dernières devront s’adapter aux médias utilisés d’où l’importance d’élaborer de nouvelles formes de publicités tirant avantage de la combinaison vidéo-ordinateur-internet. Dans ce contexte, il est fort à parier que des rafales de pauses publicitaires de 30 secondes seront progressivement remplacées par une intégration plus transparente et contextuelle à la vidéo sous forme de zones interactives, permettant notamment au consommateur de se rendre sur le site Internet d’un produit en un simple clic de souris. À titre d’exemple, voir la page sur l’hypersponsoring tel que proposé par The Red Band Film Co.
Dans le contexte où les producteurs de télévision voient le piratage comme un ennemi, Mark Pesce propose un nouveau modèle économique de production et de diffusion des produits télévisuels sans intermédiaire entre producteurs et publicistes où l’annonceur financera le produit médiatique en échange d’une publicité adaptée au nouveaux médias. Ainsi, le logo d’un annonceur pourrait remplacer celui d’un diffuseur. À la télévision, plus une émission est populaire, plus l’espace publicitaire coûte cher. Par contre, dans le cas d’un groupe de publicistes qui financent une émision diffusée sur Internet, la popularité de cette dernière rend le coût par mille de la publicité plus économique, car le coût initial demeure fixe. Internet étant un média international, les publicités qui y seront diffusées devront avoir une portée mondiale et les produits devront être disponibles partout. Ensuite, les produits médiatiques devront s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation sous différents médias et à tout moment.
En conclusion, le modèle économique de Mark Pesce semble ambitieux, mais suscite quelques questionnements. En effet, jusqu’où ira la publicité si elle finance la production des émissions télévisuelles ? En l’absence de distributeur dont le rôle est notamment de baliser l’espace pulicitaire, n’est-il pas à craindre que, face aux intérêts des annonceurs, la valeur culturelle des émissions perd de son aspect éducationnel au profit du divertissement. On ne peut effectivement pas considérer la culture uniquement du point de vue de l’offre et de la demande. Nonobstant, dans le cadre d’un système règlementé protégeant la culture, le modèle économique de Mark Pesce a énormément de potentiel.
— ajout au blog —
Je viens de créer l’article sur wikipedia (sous le pseudo mytheory) concernant l’hyperdistribution, donc je vous invite à y participer.